Mail de Jean-François ROQUE

Publié le par Xavier

 Du mal à m’endormir,

j’ai eu samedi soir beaucoup de mal à m’endormir !

Des images plein la tête, des sourires plein les yeux, l’âme noyée par la nostalgie ; mais oui, ils étaient là, ce n’était pas un rêve, je leur ai parlé, je les ai même touchés !

 Pour les uns, des traits inchangés, un tic, une attitude, un rire , je t’ai reconnu c’est bien toi.

Pour d’autre, je te connais mais je ne sais plus ton nom, vite ! dis le moi ! vite !

Certains souvenirs ont jailli, clairs et  nets comme au premier jour, d’autres ont demandés un peu de temps mais se sont reconstruits au fur et à mesure de cette aventure.

Dans cette ambiance euphorique il est une chose qui m’a particulièrement troublé, c’est la taille :

- La taille des amis d’avant. Les plus petit ont bien grandi et les plus grands d’alors, paraissent moins impressionnants.

- La taille des choses. Cette salle de classe, que j’ai arpenté mint et mint fois était immense, avec ses fenêtres hautes et démesurées. La même salle parait  aujourd’hui bien petite, et je suis surpris qu’elle ait pu contenir tant de potaches à la fois. Même le village pourtant traversé des centaines de fois à pied et à vélo, m’a paru plus petit. Je pense que la taille de mes jambes doit y est pour quelque chose.

Les primes retrouvailles passées, des petits groupes se font formés, par affinité, par histoire à partager, par envie tous simplement. Les questions ont fusées : « Et toi, qu’est tu devenu ? tu vis où ? t’es marié ? t’as des gosses ? ». Tout savoir, il fallait tout savoir, comme un vide de 40 ans à combler au plus vite.

Puis vint le temps de récompenser ceux qui ont eu pour mission de transformer ces têtes de pioches en préadolescent mâture. Sans vouloir verser dans le lyrisme, une comparaison me vient à l’esprit entre l’activité principale du village (hors papeterie), j’ai nommé les filatures, et l’école. En effet pour les uns il s’agit de prendre des ballots de laine brute, de carder, de peigner, de filler et de retordre pour bobiner du fil de laine. Pour les autres il s’agissait de modeler des caractères, de façonner des attitudes, de révéler des aptitudes, corriger des errances (merci Rosalie) et valoriser des succès pour nous donner le meilleur fil de vie qu’il soit. Certes, pour certain ce fil c’est décliné en couleur , pour d’autre en gris , voire en noir, pour certain il a été solide, pour d’autre il est bien fragile, mais quelle qu’en soit la nature, la couleur ou les caractéristiques ils sont tous noués solidement à ces écoles et à ceux et celles qui les ont animés.

Ripaille et festoiement furent alors d’actualité, et je doit dire, du plus bon goût.

Malheureusement même les meilleures choses ont une fin et le temps des adieux arriva. Ayant quelques difficultés avec les épanchement qui y sont associés, je dois avouer avoir écourté ce crève-cœur. Je présente mes excuses auprès de ceux qui en auraient été affectés.

Je voudrais remercier encore une fois les organisateurs de cette rencontre, merci donc à tous : Claire, Hélène, Véronique, Didier, Philippe et les autres..

A plus, on se reverra. C’est sûr.

Jean-François.

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Publié dans Retrouvailles

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Bravo et merci Jean François pour ce message qui je pense résume bien l'état d'esprit de tous les participants. En espérant que cela motive ceux qui n'avaient pas voulu venir pour la prochaine fois.
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H
Que de poésie et de réalisme dans ce message trés émouvant, merci à toir Jean François. Comme tu dis on est noyé de nostalgie .....<br /> A plus. Hélène
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C
Merci pour ce beau message et la comparaison avec les filatures qui nous replonge encore dans le passé...on sent Jean François touché par ses retrouvailles, il n'a pas fait semblant! personne d'ailleurs. Ce qui nous laisse penser que les adieux de samedi soir n'étaient que des aurevoirs....
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