Cadeau de Noël de Jean-Charles

Publié le par Anciens des écoles primaires des Salvages

 

Avant de commencer à lire démarrer cette belle mélodie qui vous aidera à vous transporter à cette époque. 

Tribulations de garnements salvageois aux Salvages

 

 

 

            Voilà : suite à ces retrouvailles, je me suis amusé à me laisser voguer au fil de « souvenirs », au fil de « mémoires » en fait comme j’ai pu le constater : cela ne m’a pas ramené à des traces mortes, à des « souvenirs froids » appris à l’école, qui sont faits d’informations et qui disent ce qu’ils savent, rien de plus (deux plus deux égalent quatre apprenait-on, bien utile par ailleurs tout de même ! ). Mais cela m’a ramené  à des « mémoires chaudes », des « instants survivants du passé qu’il nous arrive d’évoquer et qui viennent à nous comme ils sont, avec leur poids de douleurs ou leurs frémissements d’allégresse, avec leurs larmes, leurs parfums » , comme le dit Henri Gougaud, un conteur (Source : Henri Gougaud, « les sept plumes de l’aigle »,Ed. Seuil livre de poche). « La tête se souvient, les sens ont des mémoires » ajoute-t-il.

 

            Cela m’a conduit à lister des endroits, des souvenirs, comme autant d’échos à ces mémoires vivantes qui me remontent de cette enfance espiègle :

 

- Les hangars de « la Papèterie » d’abord : (construction et jeux dans les cabanes, glissades et dégringolades sur les longs toboggans que nous nous fabriquions avec les cartons, jeux dans tunnels et souterrains, recherche effrénée et lecture de livres déclassés dont la première page avait été arrachée : Pif, Picsou, Akim, Zembla, Captain Swing, Strange…). Ces hangars de « vieux papiers » de la papèterie c’était pour nous un royaume, dont ne manquaient pas de nous déloger Messieurs Corbet et Budo les patrons qui n’avaient pas envie qu’on finisse dans le Broyeur, et on les comprend…

Le fait que nous célébrions nos retrouvailles 40 ans après dans la salle érigée maintenant sur les lieux de ce qui fut notre ancien royaume était donc pour certains une très sympathique coïncidence, pour le moins évocatrice !

 

- Les hangars de balles de laine et de tissus de chez Cros ou autres, où l’on pouvait jouer comme à la « Papète » à des cabanes et autres jeux de grimpettes, de sauts, etc…, même quand la pluie ruisselait autour de nous.

 

- Les longues balades sur et autour du « Chemin des Fontaines » , où nous nous transformions en militaires aux grades divers, tous soudés contre un ennemi imaginaire.

 

- Les descentes sur la neige à plat ventre sur des sacs en plastique vides (sacs d’engrais fermier) sur la côte pentue de Fraïsse, la route se transformant à force en patinoire pour les automobilistes qui ne pouvaient plus monter… avec en plus l’un de nous qui avait sorti ses skis : un automobiliste surpris au tournant en voyant débouler ce spectacle incongru avait du coup goûté aux joies du fossé…

 

- Les courses de bouts de bois-bateaux que nous faisions descendre le long des petits ruisseaux traversant les champs, chacun avait les siens qu’il appelait Penwick 3, 4 ou je ne sais encore.

 

- Et la rivière Agout, profonde, constante et fascinante… : Cuisson de châtaignes dans une vieille essoreuse à salade en ferraille attaché à trois bâtons en triangle au-dessus du feu près du bord de l’eau (ah l’odeur des châtaignes…), parties de pêche le long de la rivière avec les bambous qui y poussaient puis avec des cannes à pêche, bains à Garrot, impressionnantes chaussées dont le bruit de fond a bercé notre enfance.

  

-         Les jeux enivrants dans les balles de paille et le foin et leurs odeurs, et les mini-fermes construites à même la terre avec fils de fer, conserves et bouts de bois chez les Ménel. Et les équipées dans les vieilles bagnoles abandonnées près des fermes (Tractions, Panhard ) où nous conduisions, nous inventant des trajets imaginaires.

 

 

 

 

- La cour de l’école, que nous aimions surtout quand il n’y avait pas école et que ces sympathiques adultes on ne peut pourtant moins responsables nous laissaient investir sans qu’ils soient là (ping-pong, foot, basket). Ah oui c’est vrai, nous l’aimions quand même aussi pendant la classe, mais pour les récrés à jouer aux billes ou au ballon chasseur, au foot ou au béret… et l’école nous l’aimions en fait surtout les deux derniers jours où les instits nous laissaient amener nos jeux de société et où les Huleux nous faisaient découvrir Stratégo, Risk et …

 

- Les tournois de foot avec équipes imaginaires (innombrables coupes du Monde, d’Europe, de France et etc) dans le pré de Jacques Baïsse dont la famille nous coupait l’herbe et érigeait des buts superbes.

 

- … Et reviennent aussi on se le dit maintenant les risques inconsidérés, les jeux dangereux avec nos frondes, surtout quand François Marty d’Aillot nous avait amené une riche idée de la ville : tirer des pointes en forme de U à la place des cailloux… Heureusement la Vierge, qui devait apprécier les offrandes de tabac qu’on lui faisait quand on allait fumer nos premières cigarettes (des gauloises filtre) planqués dans les fourrés derrière sa statue, a dû sérieusement nous protéger !

 

- Les parties animées de jeux de société (cartes, Monopoly, Risk, Richesses du monde, échecs,…), les jeux qu’on s’inventait comme ces tours de France des figurines de coureurs cyclistes qu’on s était peint avec de la peinture à maquettes, et qu’on faisait avancer avec deux dés, les parties sauvages de baby-foot, et les goûters dans les maisons des familles de chacun.

 

- Les parties de pétanque à la Papète et un peu partout, et même après au café de chez Bonnot avec les anciens des Salvages (ou la belote aussi).

 

- Le Cabanon au coin du terrain de la belle et immense maison des Corbet, où notre Picsou de Didier faisait ses expériences de « biolo-dingo-chimiste », et où nous avons fait nos premières expériences de rockers en les imitant, faisant semblant de jouer comme eux sur scène.

 

- Les grimpettes et cache-cache dans le Cimetière de Fraïsse (aucun mort ne s’est jamais plaint).

 

- La Fromagerie et son terrain de basket.

 

 

 

 

- Les incursions dans le grenier de l’école des garçons grâce à la complicité de Jean-François qui habitait le logement de fonction au-dessus de l’école.

 

- Le sous-sol et le jardin autour de la maison des Huleux, les cabanes dans leurs sapinettes, la lecture des journaux « Pilote » et la patience de leurs parents.

 

- Les parties de cache-cache les soirs d’été avec les filles dans le jardin du Temple.

 

- Les bêtises à l’Eglise où nous sifflions en cachette le vin des burettes de l’abbé Frézouls, les baffes à dévisser la tête que nous y prenions (pas commode le bougre).

 

- Les cabanes dans les bois avec des fougères comme on l’avait appris aux Combettes.

 

- Les « enquiquinages » de garnements envers le Père Verdeil autour de sa maison.

 

- Les échappées sur les routes et chemins de La Glaine sur l’ancienne voie ferrée du Petit Train de Lacaune, avec ses cailloux et ses tunnels.

 

- Le « croquage » de cerises en des jardins interdits (pris en flag  coincés dans l’arbre chez Hugo : je le dirai à vos instituteurs, et à la Police…), et de nèfles, pêches de vigne, … sur les chemins.

 

- L’évènement qu’était la solsticiale fête des Salvages, autour du 21 juin, (la fête de la musique n’existait pas encore).

 

- Une escapade dans la grande ville signalée aux gendarmes par nos parents, s’étant esquivés de la très austère école de musique de Castres le jour de l’exam, trop heureux de sécher et de faire un pied de nez au néant qui y était dispensé (remarquable école pour dégoûter de la musique les esprits simples et non acculturés que nous étions).

 

- La musique (celle que nous avons rencontrée et aimée) et nos premiers tourne-disques.

 

-         Les équipées de nos parents nous prenant, blottis à 7 dans la voiture le matin pour aller au bahut ou le soir pour en revenir (que diraient les assurances maintenant…).

   

 

 

- Les premiers réveillons organisés entre nous.

 

- Les escapades dans les autres villages (Burlats, Roquecourbe,…) en vélo ou mob.

 

- Les innombrables coups de pédales sur nos petits vélos et coups de poignets sur les accélérateurs de nos mobylettes, engins c’est vrai peu impressionnants mais qui nous prouvaient que le progrès technique a du bon…

 

            Et oui il y avait tout cela, et j’en oublie certes, derrière la vie d’un petit garçon dans un village du Tarn, celui des Salvages : « L’eusses-tu cru ? » comme le disait la rubrique du journal Pilote de l’époque ...

 

            Cela donne donc ces quelques mots, comme un tribu à cette enfance et à ses tribulations… avec mes remerciements à nos parents, familles, instits et autres adultes qui nous ont permis de la vivre ainsi ; avec une pensée pour tous ceux de ces aventures qui sont partis de l’autre côté du miroir ; avec tendresse pour tous mes camarades d’école et de jeux encore présents aujourd’hui ; avec gratitude enfin envers la vie.

 

            Voilà, je vous ai conté cela et vous l’offre, en ces temps de Noël, propice aux parfums d’enfance. Maintenant ce passé est mort, mais la vie et ses changements et transformations, est bien là, elle, et elle continue. Enfants, on vivait surtout dans l’instant présent ; on se fichait du passé et l’on ne se souciait pas du futur. Je souhaite à toutes et tous, et à vos proches, ce bonheur de vivre au présent qui savait nous accompagner dans notre enfance…

 

Joyeux Noël !

 

Jean-Charles Carroussel 

 

 

 

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Publié dans Souvenirs

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H
Félicitations pour ta mémoire Jean Charles ! C'est évident que celà rafraichi la mémoire de ceux qui l'on moins vive que la tienne ! J'ouvre aussi un appel aux filles qui sont moins bavardes sur ce blog, vous souvenez vous des récréations "théatre" sous le préau au fond de la cour du chemin du temple. Pour moi celà reste de bons souvenirs mais assez flous : déguissements, texte et mise en scène improvisés ... toujours intérompus trop tôt par l'appel de nos maitresses pour le retour en classe ...Célà fait vraiment plaisir de faire un retour en arrière dans notre vie d'enfant !  Beaucoup d'émotions de nostalgies mélées à la joie. Meilleurs voeux à vous tous ... et bonne continuation à notre blog et retrouvailles .   Hélène Filaquier née Assémat      helene.81@wanadoo.fr
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A
Un brin de nostalgie rempli d'émotions par les temps qui courrent, c'est un vrai cadeau! Merci
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X
Que dire de plus que "Bravo" pour ce texte souvenir où tous les détails sont intacts.J'invite les autres anciens des Salvages de nous faire découvrir leur souvenirs.
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R
<br /> <br /> <br /> Tiens! cette année le père Noël s'appelle le père Carroussel (c’est pour la rime). Jean-Charles, tu nous as préparé pour les fêtes un très bel album d’émotions.<br /> Une liste de lieux, de souvenirs, comme autant de bornes lumineuses qui éclaireraient le chemin de notre mémoire « chaude ». A chacune de ces bornes, des sons, des odeurs, des images qui ont enchantés notre insouciante vie d’enfant et quelque part, ont façonnés notre vie d’adulte. Alors merci encore à toi.<br /> Je me joins à Xavier et à JC pour vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année.
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J
Je crois que je peux relire ce texte indéfiniment sans me lasser . Cela se passe de commentaire , mais malgré tout j aime bien en faire. Encore merci jc pour nous avoir fait revivre ces souvenirs inoubliables .
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